Ils sont onze. Vêtus de couleurs vives et de genouillères. Ils entrent sur le plateau comme dans un tableau, une nature morte qui se mettrait rapidement en vie. Dans un charivari bigarré et une énergie qui donnent le ton à toute la représentation, ils lancent des objets de toutes sortes: chaises et bouteilles en plastique, fringues… A partir de là, tout n’est plus que frénésie de mouvements avec parfois, des ralentis, des arrêts, pour permettre à chacun de retrouver son souffle et d’accrocher le public en soutenant son regard qui ne sait plus toujours où donner de la tête. La lumière est tantôt blanche, tantôt jaune. Elle aussi varie en fonction du rythme donné.
Seuls, ils marchent à quatre pattes, rampent et bougent.
En couple, ils se tirent par les cheveux, s’affrontent et s’embrassent.
Ensemble, ils rient, sautent et jouent.
Comme des enfants.
Ils crient, aboient, miaulent, hurlent.
Comme des animaux.
Ils dansent.
Comme des hommes heureux qui célèbrent la vie.
Ensemble aussi, ils font l’amour.
Partouze géante où les corps se relient et forment une chaîne de désirs contagieux.
Ils enjambent les corps dans une bataille joyeusement organisée.
Ils s’arrêtent parfois, se regardent, (re)prennent leur respiration.
Nous regardent, nous observent, mangent des quartiers d’orange, réunis et souriants.
Leurs corps sont des musiques qui dansent.
Leurs corps sont des visages qui s’expriment.
Leurs corps sont des corps qui se rencontrent, dans leurs différences sublimées.
En fin de représentation, ils quittent le public en le traversant. Ils rampent, forment une chaîne d’hommes aux contradictions variées. Et c’est beau. Simplement.
Pororoca, une prestation teintée de mille couleurs. Vives et gaies. Une énergie constante qui met de bonne humeur. Un hymne au mouvement, à la vie. Une légèreté qui fait du bien. Un vrai festival de rythmes pour le plaisir de chacun.

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