Corps de ballet nous livre un témoignage particulier, celui de James Cortat (62 ans aujourd'hui) qui, fin des années 1970, fut danseur au Ballet Royal de Wallonie, à Charleroi. Sur l'immense plateau du PBA, Pascal Gravat, tout en dansant sa propre mémoire chorégraphique, porte la voix de James, une parole que lui souffle à travers une oreillette Dorothée Thébert, discrètement présente sur scène et initiatrice de ce duo.
Il était une fois un danseur sculptural qui met fin à sa carrière à 35 ans pour devenir patron de bistro dans sa ville natale, là-bas dans la campagne française. Pas banal, non? Ce danseur, sorti du passé, prend la parole et se raconte… Tout avait bien commencé, comme qui dirait, pour le plaisir. Et on imagine que la chance lui a sans doute souri, malgré une famille qui ne voulait pas croire à son histoire: apprentissage réussi, opportunités, rencontre(s) fructueuse(s), engagement au Ballet Royal de Wallonie. Il peut enfin vivre de son Art. Néanmoins, entre chorégraphes à l’ego surdimensionné et collègues jaloux, James souffre légèrement de ne pas exister. Utilisé par les uns comme la note d’une partition à laquelle on demande de bien sonner, et considéré par les autres comme un rival à éliminer, il persévère et dresse son corps, voire son esprit, jusqu’au point de rupture… De son corps, de son choix de vie... Heureusement, pour James, il restera toujours Michael Jackson, toujours le plaisir d'être sur une piste de danse.
Histoire pathétique? C’est selon… Subjective? Certainement. Cas particulier? Bien sûr...

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