Quand le corps nous limite

30.11.11
- par Adrien Monfleur

Des objets prisonniers de la glace, pour l’Homme prisonnier de son propre corps.

Voici le propos de Carmen Blanco Principal dans ses travaux intitulés L’isola delle lacrime et Hurt(ing), une installation et une performance dans un même espace: le Hangar du PBA.

Elle y rend compte d’un état de fait mais ne questionne pas: toute une vie peut s’arrêter du jour au lendemain, mais peut reprendre avec le temps, dans un après.

Tout est dit dans l’installation, dans ces objets prisonniers de la glace qui se libèrent par la fonte, avec le temps. Avec Hurt(ing), un parallèle se crée entre un passé –l’objet figé dans la glace– et un présent –le danseur qui reprend vie ici– ou un présent-futur. Car pour mieux en rendre compte, la chorégraphe et plasticienne donne à voir par l’Homme –dans une performance en quatre temps, quatre "témoignages"– ce fait si probable et oublié: la tragédie du danseur.

Carlen Blanco Principal traite ce sujet de manière humble, sinon subtile, jusqu’au dérapage de la dernière partie: une danseuse, le sens de l'équilibre vascillant, tente de marcher sur une ligne au sol avant de montrer sur écran son passé de fildefériste virtuose et de conclure de sa petite voix, de façon par trop explicite, la tragédie du corps. L’isola delle lacrime et Hurt(ing) restent de beaux témoignages de ce qui s’oublie facilement: le corps limité par lui-même.

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