Sur les rythmes saccadés de la pluie qui tombe, les deux danseurs, Scott et Thomas, lancent la parade. Un dialogue des plus réjouissants s’installe: leurs corps se frôlent, se croisent, se mêlent… La danse est fluide, légère et inventive.
La nouvelle création de la compagnie Zoo/Thomas Hauert, Like me more like me, met explicitement en jeu la notion de gender. Quand l’un enfile une robe noire avec des hauts talons rouges, quand l’autre défile en caleçon mauve ou quand les deux se confrontent en robe sévillane, il y a un réel amusement à questionner les différences de genres et leurs frontières, plus ou moins perméables.
Et la rencontre entre les deux artistes fonctionne à merveille. Elle révèle ce qui était déjà sous-entendu dans le travail de Hauert… Le danseur se révèle; il montre son visage de Janus. Il explore jusqu’à la fusion totale l’idée du double: Scott, le jumeau de Thomas; Thomas, le reflet de Scott… Et quelle démonstration! Queer isn’t ?
Les phrases chorégraphiques, parsemées de gestes de la vie quotidienne, imposent les lignes géométriques. La structure est complexe, mais toujours lisible. Elle abonde de ritournelles et d’aller-retour dans les formes proposées. Et, Hauert alimente sa danse de réminiscences du langage classique, des danses sévillanes, du musical ou du hip-hop – admirable solo où il se réapproprie totalement cette danse de rue. La désinvolture, le contenu et la liberté enveloppent cette pièce des plus intéressantes, créée pour la Biennale de Charleroi/Danses.

Ajouter un Commentaire