Mireilles, ou plutôt lui

22.11.11
- par Adrien Monfleur

Elles sont six. Même robe, même coiffure, même collier. Plus un à la guitare, même coiffure.

Positionnées dans le fond de la Maison des 8 heures, elles s’apprêtent à chanter, l’homme à jouer. Elles chantent, il joue, «…que les hommes redeviennent des enfants…», dans des corps statiques pour une chanson pleine de vie.

Les spectateurs sourient, rigolent de ce faux qui est présenté, et dans la voix, et dans les costumes, et surtout dans la chorégraphie minimale.

Puis discrète, la voix de cet enfant au fond de la salle, «j’en ai marre». Alors les têtes se tournent vers cette petite voix, rigolent, reviennent sur les Mireille, rigolent, «…je suis si seul ce soir…».

Mireilles, dignes des chansons de Noël et des chorégraphies de bar.

Mais le public est heureux. Et pourtant. Il n’y a pas de place pour lui dans ce spectacle de danse, seulement une place, au centre, pour elles et lui.

Et le bouquet final. Une chanson connue, Une femme amoureuse, chantée en playback.

Alors toute la magie est là. Non dans ces filles à perruque ou dans cet homme à la moustache, pas même dans ce public qui rigolent, ni même dans cet enfant. Mais bien dans ce spectateur au fond de la salle. Le visage ouvert, le sourire aux lèvres qui chante la chanson, un mouvement infime de danse dans son corps, il est beau dans son lâcher prise et sa complicité.

Comme un homme dans ces instants de vie totale, dans ces moments les plus vrais et les plus justes. Ca aurait pu être lui le spectacle, il aurait dû l’être.

Toute la beauté des Mireilles, c’était lui.

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

  • Imprimer
previous next dezoom