L’espoir fait vivre

22.11.11
- par François-Xavier Heurion

A deux pas du PBA, à l'entrée d'un vaste hangar, le public reçoit une couverture. C’est qu’il va faire froid. Un froid psychologique mais palpable. Dans cet ancien garage, c’est un monde dévasté, un monde post guerre nucléaire. Le spectateur comprend d’emblée que, sous sa couverture de pauvre hère, il fait partie intégrante du décor. Toute une série d’objets dessinent au sol une diagonale et témoignent d’une présence humaine: bouteille d’alcool, armes de poing, drapeau américain, photos, etc. On retrouve aussi quelques références à des idéologies qui ont marqué le XXe siècle: nazisme, mai 68, judaïsme, islam… Dans cette installation sombre et mystérieuse, des hommes, tout aussi ravagés, jonchent la pavement froid ou croupissent à l’arrière d’une vieille Buick. Leur rapport aux corps est aussi simple et brut que l'espace. Le projet de Maya Bösch met en scène un poème d'Allen Ginsberg, son emblématique Howl (1955). Le texte, aussi, est dévasté. En s’agrippant à un mot sur trois, on comprend qu’il retrace l’histoire (si on peut parler d’histoire) de marginaux de la société américaine. Il semble pour autant n'avoir ni queue ni tête et martèle des mots "savants" au point de vous perdre. Mais peut-être faudrait-il savoir écouter/comprendre le texte dans sa langue d’origine, où il présente sans doute une autre poésie. Et au bout de ce tableau de la détresse humaine, transperce malgré tout l’espoir: ils (nous?) sont (sommes?) libres...

 

 

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