Dès son entrée, seule sur scène, Joanne Leighton s’adresse au public en demandant un volontaire pour téléphoner… Les interventions des spectateurs, coordonnées à la minute près par la chorégraphe, se succèdent tout au long de la représentation. Ces participations introduisent rupture, rythme et humour.
Briser la frontière entre la salle et la scène semble être l’un des objectifs de Made in Taiwan. Le public a le choix, apparent du moins, des costumes ou de la musique; le son ambiant est capté pour être diffusé par après; Joanne Leighton décolle et recolle le cadre délimitant la scène blanche; des spectateurs du premier rang sont invités à franchir physiquement ce cadre: la représentation évolue, par phases successives, avec le concours du public.
La démarche de Joanne Leighton dans Made in Taiwan interroge. Elle y décompose les différentes étapes de la création d’une chorégraphie: mise au point de mouvements, leur interprétation sous des angles de vue différents, à un point ou un autre du plateau, répétition puis enchaînement des mouvements analysés...
Le final mêle gaiement les différents ingrédients passés jusque là au crible, et laisse une salle amusée de ce jeu mutuel.

Ajouter un Commentaire