Lire la danse

21.11.11
- par Ludivine Joinnot

La démarche de Joanne Leighton est claire et simple: détricoter la structure d’un spectacle de danse contemporaine afin d’en soumettre au public, de manière interactive et ludique, une (re)composition précise. Les différentes phases vont ainsi du travail de construction d’une chorégraphie au choix des costumes et de la musique. Le tout s’orchestrant avec ordre, systématique et une presque évidence.

Joanne Leighton reproduit des mouvements, les expérimente et y ajoute, l’un après l’autre, tous les ingrédients de sa recette chorégraphique. Par petits clins d’œil sympathiques (dans les costumes, les mouvements ou les mots), l’artiste fait çà et là référence à d’illustres chorégraphes comme Pina Bausch. Le dispositif déployé par Joanne Leighton permet au spectateur de suivre toutes les étapes de fabrication d’un langage «danse contemporaine». Articulation-désarticulation, (re)production-déconstruction, copier-coller…: tout s’avère jeu (de hasard parfois) dans Made in Taiwan. Y compris la participation du public qui semblerait (tente-t-on naïvement de nous faire croire) tout maîtriser par son intervention et sa contribution.

Si l’approche de Joanne Leighton vise à expliquer les différentes étapes de construction d’un spectacle (ce qui est intéressant en soi), le résultat laisse malgré tout un peu songeur… La danse contemporaine ne serait alors qu’une juxtaposition d’éléments, une copie sans cesse réorganisée de mouvements et d’enchaînements, une addition et soustraction permanente de composants?

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