Shiva Ganga - Shantala Shivalingappa
Production | Distribution | Programme détaillé | Kuchipudi | Notice de programme | Infos pratiques
Shantala Shivalingappa est née à Madras. Elevée à Paris, Shantala est formée dés son enfance à la danse indienne, d'abord par sa mère, la danseuse Savitry Nair, puis par le maître Vempati Chinna Satyam dans le style Kuchipudi.
Shantala se produit en solo, accompagnée de ses musiciens, dans de nombreux théâtres et festivals, avec le désir de faire connaître le Kuchipudi en Occident. En Inde comme en Europe le public la reconnaît comme une grande danseuse, sa très haute qualité technique s'alliant à la grâce et une sensibilité remarquable.
Depuis l'âge de 13 ans, elle a aussi eu le rare privilège de travailler avec les plus grands : Maurice Béjart, Peter Brook, Bartabas, Pina Bausch. Autant de rencontres qui font de son expérience artistique un parcours exceptionnel. Aujourd'hui, Shantala partage son temps entre la création de nouvelles chorégraphies dans le Kuchipudi, les tournées de ses spectacles en solo, et la collaboration avec différents artistes occidentaux dans l'exploration de la danse et de la musique.
« Cette danse, qui est tout en contrastes, est plus évidente à saisir pour un oeil peu averti que d"autres disciplines classiques indiennes. Shantala Shivalingappa habite tous les roles de son récital, qu’elle se fasse divinité, oiseau, éléphant ou... frémissement d"une rivière. On salue le travail au sol, tout en rythme, mais on ne peut détacher son regard du mouvement des mains, le poignet cassé, les articulations comme démultipliées. Des pièces de son maître, Vempati Chinna Satyam, Shantala l'enchanteresse tire le maximum d'espièglerie, même si la rigueur de l'enseignement est là. On sort de là transporté. (...) ». (Philippe Noisette)
Production
Production/Diffusion : PER DIEM & CO/Gaëlle Seguin
En coprésentation avec le Palais des Beaux Arts-Eden dans le cadre du Festival India de Bozar
Distribution
Interprétation et direction artistique : Shantala Shivalingappa
Conseillère artistique : Savitry Nair
Musiciens : J. Ramesh : chant, N. Ramakrishnan : nattuvangam (cymbales) et percussions, B.P. Haribabu : mridangam (percussion) et création rythmique, K.S. Jayaram : flûte
Lumières : Nicolas Boudier
Programme détaillé
Prière chantée à Saraswathi
Surya Stuthi
Ananda Nartana Ganapati
Rasalia
Talamelam
Shiva Ganga : I. Prière de Bhagiratha au dieu Shivaraga Karnataka Suddha Saveri - II. Ganga Pravesham
( durée du spectacle : 1h 30 )
Kuchipudi
Danse classique indienne, le Kuchipudi s’est développé dans un village du même nom, dans l’état d’Andhra Pradesh, au sud de l’Inde, autour du 15ème siècle. Comme tous les styles de danse indienne, le Kuchipudi prend racines dans le Natya Shastra: traité d’art dramatique, vieux de plus de 2000 ans, qui donne une codification très précise de la danse, de la musique et du théâtre. Mais il reçoit aussi l’influence des spectacles populaires destinés à exalter l’esprit de dévotion. Il en résulte un style à la fois rigoureusement classique, mais aussi très vivant, fluide, ondulant , à la fois très rythmique, et d’une extrême grâce.
Le Kuchipudi fait appel aux procédés habituels de danse pure et danse narrative, que l’on retrouve, traités de manière distincte, dans les différents styles classiques indiens. La danse pure (nrtta) est rythmique et abstraite. Le jeu des pieds marque des rythmes complexes et variés, en accord avec la musique, tandis que le reste du corps suit ces rythmes, parfois avec force et précision, parfois par des mouvements fluides et gracieux.
La danse narrative (abhinaya), illustre un aspect de l’histoire, du poème, ou du récit, contés par le chant, utilisant une technique très finement développée d’expressions du visage, et des gestes de la main (mudras). Les Mudras sont précisément codifiés et forment un véritable langage avec un vocabulaire très riche. Les expressions du visage sont stylisés afin d’exprimer toute une gamme d’émotions et de sentiments complexes et subtiles. Le corps entier communique les émotions que le récit suscite.
Ainsi le Kuchipudi est un mariage harmonieux de ces deux aspects, alternant des moments de danse pure, rythmiques, vifs, étincelants, dont la grâce et l’extrême beauté sont un véritable charme, et des parties narratives tirées de la mythologie indienne ou tout l’art expressif, mimique, et gestuel, sont exploités.
Le Kuchipudi est accompagné par un orchestre classique: chant, percussions, flûte, vina. La musique est l’objet d’un soin particulier et les mélodies sont souvent d’une très grande beauté. La danse, la musique et le rythme sont travaillés de manière indissociable, et forment un tout où chaque élément existe en relation à l’autre.
Notice de programme
Programme :
Prière chantée à Saraswathi
Surya Stuthi
Ananda Nartana Ganapati
Rasalia
Talamelam
Shiva Ganga : I. Prière de Bhagiratha au dieu Shivaraga Karnataka Suddha Saveri - II. Ganga Pravesham
( durée du spectacle : 1h 30 )
Notice de programme
Prière chantée à Saraswathi
Saraswathi est la déesse des arts et de la connaissance.
Surya Stuthi
raga Sowrashtram- talam rupaka (6 temps)
chorégraphie : Maître Vempati Chinna Satyam
Hommage à Surya,le Soleil,divinité qui est vénérée en Inde à l’aube et au crépuscule. La danse commence par une salutation à Surya et continue avec ce poème : «Louanges à toi,ô Surya, Tu es la source de notre vie, tu nous bénis de ta lumière sacrée sans aucune distinction entre les êtres, Tu es le témoin suprême de cette Terre, nous recevons ta bénédiction avec humilité et gratitude».
Ananda Nartana Ganapati
raga Nattai- talam adi (8 temps)
chorégraphie : Kishore Mosalikanti
paroles et musique : Uttukkadu Venkatakavi
Ganapati ou Ganesha, le dieu a tête d’éléphant, est un des dieux les plus adulé en Inde. Charmant et toujours bienveillant, il est vénéré comme celui qui détruit tous les obstacles sur notre chemin. Le compositeur Uttukadu, connu pour son utilisation rythmique des paroles dans le chant, a choisi ici de décrire un Ganesha dansant. Ainsi, la chorégraphie prend la forme des mouvements gracieux et joyeux de la danse de Ganesha.
Rasalila
raga Madhuvanti
talam tishra(3 temps) puis chaturashra(4 temps)
chorégraphie : Shantala Shivalingappa
musique : Prof.B.Ramamurthy Rao
Danse de Krishna avec les jeunes bergères. Il joue de sa flûte divine, elles l’accompagnent du tintement de leurs grelots. «Ô Krishna, joue de ta flûte divine, que chaque parcelle de notre corps soit en extase. La belle Radha, son cœur plein d’amour, se languit de te voir. N’entends tu pas les grelots à son pied appeler ton nom ? Elle réunit ses compagnes et ensemble, vêtues de toute beauté, elles sont allées t’attendre aux rivages de la rivière Yamuna. Radha t’attend, son cœur dansant comme la lune au milieu des étoiles, dans un ciel qui s’agite à l’idée de cette rencontre amoureuse. Krishna le bien-aimé est arrivé pour danser et jouer avec les jeunes bergères et la forêt entière se réjouit de sa présence. Que ce chant fasse oublier tous leurs maux à ceux qui l’entendent.»
Talamelam
ensemble rythmique
conception et direction : Savitry Nair
création rythme : B.P.Haribabu
avec tous les membres de l’orchestre
chorégraphie : Shantala Shivalingappa
Si la mélodie est le corps de la musique indienne, le rythme en est son cœur. En Inde, on dit : «la mélodie est la Mère et le rythme est le Père» de la musique. Il en est de même pour la danse. Le système rythmique, tala, est une discipline indépendante avec une technique complexe et subtile, très finement développée. En effet, le sens mathématique inné de l’esprit indien lui a donné une très grande rigueur. Les différents styles de danse classique indienne ont puisé dans cette richesse du tala et chacun développe des langages rythmiques très particuliers.
Quelles formes prend cette rythmique dans le kuchipudi ?
Un aperçu :
- variations vocales des syllabes rythmiques.
- variations sonores des frappés des instruments de percussions.
Conversation qui se termine avec le dialogue entre la danseuse et le joueur de mridangam : aux frappés des pieds répond la virtuosité des doigts. Cette improvisation met en valeur les différents frappés et positions des pieds du style kuchipudi. La même rythmique, dansée sur un plateau de cuivre, est une particularité du kuchipudi.
Shiva Ganga
conception : Savitry Nair
chorégraphie : Maitre Vempati Chinna Satyam, Shantala Shivalingappa
Cette chorégraphie met côte à côte deux aspects fondamentaux de la danse indienne : d’une part tandava, l’énergie virile incarnée par Shiva; d’autre part lasya, l’énergie douce et gracieuse, incarnée par Ganga. L’énergie intense de la méditation permet à ces deux aspects de se manifester.
I. Prière de Bhagiratha au dieu Shivaraga Karnataka Suddha Saveri
Le monde est plongé dans une sécheresse terrible que seul peut sauver le divin fleuve Ganga, fleuve des cieux. Mais sa force colossale risque de briser la terre. Seul Shiva le Tout-Puissant peut supporter la force de ses flots. Bhagiratha est choisi pour prier le Dieu Shiva d’accepter de recevoir Ganga dans sa chevelure et ainsi amortir sa chute sur terre.
II. Ganga Pravesham
raga Keeravani talam khanda chaapu (5 temps)
Dans la tradition du kuchipudi, chaque personnage principal entre en scène et se présente au public dans une chorégraphie qui met en valeur les traits particuliers de sa personnalité. Ce type de chorégraphie s’appelle pravesham. Ici, Ganga se présente, toute de grâce et de vivacité, animée par un amour pur et intense pour Shiva. « Je suis Ganga, la fille de la montagne des glaces. Je m’apprête à rejoindre Shiva, à me laisser couler dans sa chevelure et de là, par amour pour lui, j’accepte de descendre sur terre.» Ainsi va l’histoire de l’arrivée sur terre du fleuve Gange. En Inde, il est vénéré comme une déesse et son eau est sacrée. Tout le long de son cours, il sanctifie la terre et purifie tous ceux qui se plongent dans ses eaux. La danse se termine sur l’image de la descente tumultueuse de Ganga sur terre.




3/11/06





































