Résidences 0809
Dès l’entame de la première saison du quatuor en 2005, la volonté très forte et affirmée d’accompagner et de soutenir sur la durée et avec des moyens significatifs des artistes chorégraphes de la Communauté française s’était clairement fait jour.
Un accueil et un soutien logistique, financier et administratif qui dura plus de deux ans avait été promptement mis sur pied pour Johanne Saunier et Olga de Soto. On connaît à présent la suite. Après avoir tourné sur pas moins de quarante dates, Johanne Saunier fut cette année la seule chorégraphe de la Communauté française de Belgique programmée dans le in d’Avignon. Olga de Soto a quant à elle eu les honneurs d’une création à Beaubourg et bénéficie d’une reconnaissance accrue de son travail. Même si pour l’heure aucune solution n’a été trouvée concernant l’avenir de ces dernières, le chemin parcouru est plus que satisfaisant.
C’est pourquoi, l’équipe de direction de Charleroi/Danses ne pouvait que poursuivre dans cette voie. Elle est aujourd’hui fière d’annoncer pas moins de sept résidences aux Ecuries et à La Raffinerie pour la saison prochaine : Carmen Blanco Principal, Stefan Dreher, Jean Luc Ducourt, Anouk Llaurens, Barbara Mavro Thalassitis, Karine Ponties et Souterrain production.
Tous, à leur façon et à travers l’univers qu’ils développent, entretiennent un lien étroit avec l’identité artistique de Charleroi/Danses. Stefan Dreher a longtemps travaillé pour et en collaboration avec Pierre Droulers. Barbara Mavro Thalassitis a elle fait l’objet d’un suivi et d’un soutien attentif de la part de Charleroi/Danses ces deux dernières années : présentation et coproduction de "La Chaise pliante et la gravité du Brouillard" à La Raffinerie dans le cadre de Danse à la Balsa et programmation dans la Biennale 2007. Un aboutissement logique et naturel de ce premier compagnonnage que de la voir à présent compter au nombre des résidents à l’occasion du développement de son projet Objects. De même pour Carmen Blanco Principal qui a été pour sa part soutenue par Charleroi/Danses dans le cadre du off d’Avignon 2008 avec "Slipping" présenté aux Hivernales en partenariat avec le Théâtre des Doms.
Chacun de ces artistes fera l’objet d’un accompagnement qui prendra des formes variées : coproduction, aide à la production, mise à disposition des infrastructures, ... le tout dans une dynamique de dialogue permanent. Ainsi, on les retrouvera tout au long de la saison dans différentes émanations des activités de Charleroi/Danses : présentation de créations ou try out dans la prochaine Biennale, participation au Training program, animation de worshops ou encore d’ateliers ouverts.
Une question d’affinités, de similarité dans l’appréhension de la chose dansée, un goût commun pour certaines formes. Une façon aussi pour l’équipe de Charleroi/Danses de réaffirmer sa détermination à effectuer des choix délibérés et assumés, préférant le qualitatif au quantitatif.
Anouk Llaurens est née en France en 1969. Elle réside actuellement à Bruxelles, Belgique.
Diplômée du Centre National de Danse Contemporaine d’Angers Anouk Llaurens mène un parcours de danseuse chorégraphe et pédagogue depuis 1992. Les artistes qui l’ont profondément influencée sont Fernand Schirren dont elle a été l’assistante, Steve Paxton et Lisa Nelson. Elle a participé au Solo Performance Commissionning Project de Deborah Hay et pour adapter « Room » une pièce tournée en 2006.
Dans son travail chorégraphique personnel Anouk explore la relation entre le lourd et le léger en travaillant avec le corps, l’esprit, des objets, de la lumière et du son. Elle a chorégraphiée plusieurs pièces solo : « Lou »(2001), «Ritournelle» (2001), «You are the only one»(2007) et ‘Hélium’(2007), un duo « Tsie, la limitation » (2002) et travaille actuellement sur une nouvelle pièce « La tête ».
Depuis 2000, Anouk improvise régulièrement avec des musiciens, plasticiens et vidéastes. Elle a participé à divers projets de performances au sein des « bains :: connectives », Bruxelles (1999 – 2001) et de Q-O2 dans « Lost and found » avec Els van Riel (vidéo), Julia Eckhart (alto) et Jim Denley (flute et saxophone) (2001- 2004). Elle a été membre entre 2005 et 2007 d’un laboratoire qui interroge le ‘Tuning Score’ de Lisa Nelson et travaille aussi sur des projets en extérieur avec Sabine Fazékas (Land Art).
Anouk a été interprète pour Michèle Anne De Mey (B), Barbara Manzetti (I), Tony Thatcher (UK), Yolande Snaith (UK) et dernièrement Julien Bruneau dans ‘ v a s t e’ une pièce crée en collaboration avec Idiom’s film, collectif de photographes basés à Ramallah en Palestine.
Parallèlement à son activité de performance Anouk enseigne le mouvement à des danseurs, des musiciens, des artistes de cirque, des comédiens et des personnes atteintes d’ handicaps moteurs dans différentes villes d’Europe.
Hélium est une suite de trois poèmes en mouvement qui naissent des dialogues successifs d’une femme avec une branche, de la couleur, une bâche en plastique. Chaque poème s’intéresse, par l’intermédiaire de ces dialogues, à un état de la matière : le solide, le liquide, le gazeux. La pièce invite ainsi à suivre un cheminement qui évolue du plus lourd au plus subtil.
Hélium s’intéresse à trois états de la matière : le solide, le fluide, le gazeux. Chacun d’eux correspond à un tableau, étape d’un cheminement qui évolue du plus lourd au plus subtil et tend à laisser de plus en plus d’espace à l’imaginaire.
Chaque tableau, autrement dit chaque état, se définit par l’interaction entre un système du corps et un objet: le squelette et une longue branche blanche pour le solide, le système circulatoire et la couleur rouges pour le liquide, le système respiratoire, une bâche transparente. Ces « environnements » internes et externes se ressemblent et sont un peu comme le miroir l’un de l’autre. L’objet et la couleur offrent une amplification tangible de la vie intérieure de la danseuse et influence en retour ses actions et états de présence.
Le passage du solide au gazeux correspond à une ouverture progressive. Dans un premier temps la danseuse est engagée dans un corps à corps avec la branche d’arbre, objet encombrant et rigide. Sa danse est ensuite dégagée des contraintes de l’objet, son mouvement se libère et se relie plus directement à l’environnement extérieur. Dans le troisième tableau la bâche agit comme un révélateur d’espace. Les actions de la danseuse sont au service de la constante métamorphose de l’objet. Ce mouvement, comme celui des nuages, accueille toutes les projections imaginaires.
Crédits
Chorégraphie et interprétation : Anouk Llaurens
Musique composition originale : Jim Denley
Création lumières : Laurence Halloy
Création costume : Michèle Grenier
Création d’objets : Anouk Llaurens
Oeil extérieur : Julien Bruneau
Praticienne Body Mind Centering: Eva Maes
Durée: 50 minutes
Coproduction Charleroi/Danses
Avec l'aide du ministère de la Communauté française- Service de la danse et avec le soutien des Summer studios.