Manifestant sa volonté de poursuivre plus avant ses actions de sensibilisation (Dispositif d’accrochage scolaire, projet “Culture et enseignement”, Projet “Maison de Jeunes de Courcelles”,…), Charleroi/Danses entame cette année une collaboration avec le CPAS de la Ville de Charleroi. Danses du quotidien/Charleroi-Ville est un projet artistique participatif de longue haleine qui verra une trentaine de citoyens-dansants prendre part à une expérience commune s’étalant de mars à novembre 2009. Une expérience dont l’une des intentions est de créér un lien actif entre le Centre chorégraphique et la population locale à travers une aventure sensible dépassant le simple vécu de spectateur. Le fruit de ce travail choral sera présenté en novembre 2009 aux Ecuries de Charleroi dans le cadre de la Biennale de Charleroi/Danses . Une façon pour Charleroi/Danses d’affirmer très clairement la spécificité et la nécessité de ce type d’objet artistique.

 

 

Une initiative de Charleroi/Danses et du CPAS de la Ville de Charleroi.

Une création "KAM"

Sous la direction artistique de Flavia Ribeiro Wanderley.


Le Projet

Danses du Quotidien est un projet qui allie formation et création. Durant six mois, des citoyens-dansants de tous âges et horizons vont s’imprégner de techniques de danse et de méthodes d’éducation du mouvement. Ils vont aussi participer à un processus de création. Le corps présent avec toutes ses nuances, ses mouvances: le corps à corps ou la proximité de ce qui nous entoure. Il sera question du mouvement partout où nous le rencontrons. Les danses que nous dansons, les danses qui nous dansent, les chorégraphies invisibles du quotidien seront portées sur scène. Un face à face de nous par et pour nous.

 

Infos et clips des spectacles précédents sur www.kompaniokam.com


Un partenariat fort avec le CPAS

Depuis de nombreuses années, le CPAS de Charleroi soutient de nombreux projets culturels; que ce soit par le biais du Plan Epanouissement social et culturel que par des subventions visant à développer des initiatives participatives et culturelles. Il a été dès le départ sensibilisé à la proposition et à la démarche du Centre chorégraphique de Charleroi et partant, plus particulièrement à celle de Flavia Wanderley-Ribeiro qui porte la danse au rang des arts populaires pour en finir avec une vision par trop élitiste de cet art souvent considéré comme celui d’une élite sociale et intellectuelle. C’est pourquoi le CPAS de Charleroi a tenu à être le partenaire de cette aventure en soutenant pour une large part le projet. Celui-ci s’est donc ouvert aux publics utilisateurs des dispositifs d’aide tout en restant attentif à valoriser la mixité sociale bien présente sur le territoire carolorégien.

 

Danses du quotidien s’intéresse aux corps dans la Ville, « Tous les corps, présents ici et maintenant » nous dira la chorégraphe.

Au gré des séances, les participants vont aller de découvertes en découvertes : de son propre corps, du corps de l’autre, d’apprentissage en apprentissages : de son propre mouvement, du mouvement de l’autre, des mouvements négociés balancés aux rythmes de la Ville qui s’incorpore peu à peu. Les entremêlas individuels se transforment progressivement en déplacements collectifs harmonieux. Une chorégraphie s’invente… Ainsi dansés, les corps s’apprivoisent et la Ville se dessine. Les corps se donnent à voir, sortent de l’ombre et se mettent en mouvement.

On comprend aisément la dimension émancipatrice du projet et tout l’intérêt pour le CPAS carolorégien de souscrire à cette initiative qui vient battre en brêche l’isolement, le repli sur soi qui vont souvent de paire avec la précarité.

 


Genèse et actualité du projet

La mise en route d’un tel projet a bien évidemment nécessité la constitution et la construction attentive d’un groupe de travail. Il était dès lors important de véhiculer l’information tant par la voie des médias (presse écrite, radio, tv, affichage, distribution,….etc.) que par le bouche-à-oreille. A l’issue d’un appel à candidatures public lancé début mars et suite à deux séances d’informations publiques sur le projet (l’une à l’espace citoyen, l’autre aux Ecuries de Charleroi/Danses), une soixantaine de personnes se sont portées candidates. Une semaine de sélection et d’entretiens individuels s’en est suivie durant laquelle Flávia Ribeiro Wanderley, directrice artistique du projet et chorégraphe s’est progressivement positionnée sur le choix d’une trentaine de citoyens-dansants. Les critères d’hétéroclicité, de localisation géographique et d’intergénérationnalité ont été un vecteur essentiel dans sa prise de décision.

 

Le groupe à présent constitué depuis fin mars, les séances de travail ont pu débuter début avril. Charleroi/Danses a tenu à ce que le processus de travail se déroule dans un environnement professionnel (salle appropriée, matériel adéquat et catering). Un sentiment de bonne entente, de découverte de l’autre et de convivialité parmi les citoyens-dansants accompagne l’apprentissage des exercices proposés. Des sous-groupes de travail se sont créés afin de faciliter l’organisation des cours. Le degré de motivation et de disponibilité caractérise également l’esprit du groupe en général et de chaque citoyen-dansant en particulier.

 

S’agissant de la périodicité; les cours se donnent essentiellement les samedis de 11h00 à 17h00. Quelques périodes plus intensives correspondant aux congés scolaires (Pâques, Ascension, Toussaint) ou jours fériés (1er mai) ont été également programmées pour permettre l’aboutissement de ce projet ambitieux dans les délais impartis; soit la Biennale en novembre 2009 comme écrin d’une première visibilité publique.

 

Outre les séances dispensées par Flávia Ribeiro Wanderley, se sont ajoutés un cours de pilâtes et de yoga se donnant respectivement 1h en soirée pendant la semaine. Il revient aux citoyens-dansants d’en choisir un en fonction de leur affinités avec la discipline. Ces cours sont obligatoires (chez les citoyens-dansant de plus de 16 ans) et sont destinés à leur faire prendre conscience de leur corporalité. Notion consubstantielle au projet.

 

 


Quelques phrases clés pour mieux cerner l’esprit du projet

Citoyen-dansant ne veut pas dire citoyen-danseur. Pourquoi ?

Parce que le projet n’y a pas la prétention de former des danseurs en l’espace de six mois.

 

Citoyen-dansant ne signifie pas danseur amateur. Pourquoi ?

Parce qu’à l’exception d’une ou deux personnes, les participants n’ont aucune pratique régulière antécédente - même en amateur - de la danse.

 

Le projet Danses du quotidien/ Ville de Charleroi est différent d’un projet de quartier. Pourquoi ?

Parce que bien que le projet s’adresse prioritairement aux habitants d’une ville, il demeure ouvert à tous ceux qui la fréquentent.

 

Le projet Danses du Quotidien est différent d’un projet à vocation purement sociale. Pourquoi ?

Parce que Danses du Quotidien se propose d’interagir avec la société dans sa globalité. L’idée de mixité y est d’ailleurs essentielle. Danses du Quotidien a vu et voit se côtoyer - hier comme aujourd’hui - employés, sans-papiers, représentants du secteur des professions libérales, chômeurs, personnes émargeant au CPAS, nobles, bourgeois ou encore artistes. Une mélange contrasté à l’image de la réalité.

 

Danses du Quotidien est d’abord un projet artistique. Pourquoi ?

Parce que Flavia Ribeiro Wanderley souhaite étudier et mettre en lumière les expressions et émanations du corps humain dans la vie quotidienne. C’est pour cette raison qu’elle fait appel à des personnes dont le corps n’est pas entraîné/conditionné à des fins professionnelles.

 

Le projet Danses du Quotidien est différent d’un produit du type Star Academy . Pourquoi ?

Tous les participants sont censé survivre. Le projet ne mise pas sur la capacité de performance des participants mais sur leur capacité de « présence », sur le fait d’être tout simplement présent. Ici, excellence égale présence.


Flavia Ribeiro Wanderley

Belgo brésilienne, Flávia est diplômée du Centre d’Etude du Mouvement et des Arts de Rio de Janeiro et de l’institut des Chaînes Musculaires et Articulaires GDS à Bruxelles. À Bruxelles, elle crée une chorégraphie pour le Bal Moderne en 2000, O ovo présentée à la Roseraie en 2001, ABR à l’Espace Senghor en 2002, Danses du Quotidien I - Le Pas de Ville, au Centre Culturel Jacques Franck en 2003 et au Beursschouwburg en 2005, Danses du Quotidien II – Valse des Familles, au Théâtre Les Tanneurs en 2006 et Danses du Quotidien III – Le Pas des Choses, au Centre Culturel Jacques Franck en juin 2007.

 

Danses du quotidien/Charleroi-Ville est donc le quatrième volet d’une tétralogie qui aborde le langage non verbal. Respectivement : en ville, en famille, dans les rapport à l’argent (à la survie) et dans les rapports humains subjectifs.

 


Ballroom #6 - © D.R.