Présentation
Infos pratiques | Michèle Anne De Mey | Pierre Droulers | Thierry De Mey | Vincent Thirion
Le Centre chorégraphique de la Communauté française Wallonie-Bruxelles est issu de l’ancien Ballet royal de Wallonie et s’est orienté de manière radicale vers la création contemporaine. Frédéric Flamand l´a dirigé de 1991 à 2004 et en a fait une institution de référence, non seulement en Communauté française Wallonie-Bruxelles, mais également sur le plan international.
Il est dirigé depuis 2006 par un quatuor artistique composé de Michèle Anne De Mey, Pierre Droulers, Thierry De Mey et Vincent Thirion. Cette nouvelle direction met en oeuvre un projet ouvert – une association d’artistes élargie avec une dimension interdisciplinaire – centré sur un travail artistique partagé avec les chorégraphes et les artistes de la Communauté française mais aussi de la scène artistique internationale, et en constante interaction avec ses publics.
Les activités de Charleroi/Danses se déroulent aux Écuries de Charleroi et à la Raffinerie de Bruxelles : production et diffusion du travail des artistes directeurs et des résidents, programmation d’événements divers telles la Biennale de la danse, Compil d’Avril – centré sur des aspects multidisciplinaires – , festival hip-hop, Objectif Danse – plateforme de promotion des chorégraphes de la Communauté française en collaboration avec le WBI –, manifestations croisées avec différents opérateurs de Wallonie et de Bruxelles, notamment avec le Palais des Beaux-Arts-Eden de Charleroi, le BPS 22 et, sur la capitale, avec le KunstenFetivaldesarts, La Balsamine, Les Halles de Schaerbeek, entre autres.
Le travail de création des trois artistes de la direction est au coeur de l’activité de Charleroi/Danses. Le Centre propose par ailleurs des résidences sur mesure, ouvertes à des compagnies internationales ou de la Communauté française et définies suivant les besoins spécifiques des artistes. Les chorégraphes actuellement en résidence sont Carmen Blanco Principal, Stefan Dreher, Jean Luc Ducourt, Anouk Llaurens, Barbara Mavro Thalassitis, Karine Ponties & Souterrain production.
Charleroi/Danses est un partenaire actif de D.a.n.c.e, un programme européen interdisciplinaire d’insertion professionnelle du danseur. Durant toute l’année, il propose un Training programme destiné aux danseurs professionnels sous forme de cours et workshops et organise des Master Class et des Espaces Laboratoires conduits par les différents créateurs du Centre.
En collaboration avec des écoles de Molenbeek, Charleroi/Danses a également mis sur pied un programme d’ateliers artistiques dans le cadre du D.A.S (Dispositif d’Accrochage Scolaire) sur Bruxelles ainsi qu’une série d’actions de sensibilisation à la danse avec les écoles de la région du Hainaut.
Chorégraphe belge, Michèle Anne De Mey (Bruxelles - 1959) étudie de 1976 à 1979 à Mudra, l’école fondée par Maurice Béjart (Bruxelles). Elle donne une nouvelle orientation à la danse contemporaine en signant ses premières chorégraphies : Passé Simple (1981), les duos Ballatum (1984) et Face à Face (1986). Parallèlement, elle collabore durant 6 ans à la création et à l’interprétation de plusieurs pièces d’Anne Teresa de Keersmaeker dont Fase (1982), Rosas danst Rosas (1983), Elena’s Aria (1984) et Ottone, ottone (1988). Bien qu’une attention particulière soit toujours portée au lien entre la danse et la musique, la structure chorégraphique des créations de Michèle Anne De Mey nourrit un contenu dramaturgique fort et place le danseur dans un rapport scène/public spécifique et novateur.
En 1990, à l’occasion de la création de Sinfonia Eroica, elle fonde sa compagnie. Viennent ensuite une série de 15 créations rencontrant chacune un succès international. On citera 13 Reasons ...(to sing), création en collaboration avec Thierry De Mey pour le Folkwang Tanzstudio à Essen (2005), 12 Easy Waltzes (2004), Raining Dogs (2002), Utopie (2001), Katamenia (1997), Pulcinella (1994), Love Sonnets (1994), Châteaux en Espagne (1991), Cahier (1995), etc.
De plus, elle développe un important travail pédagogique (à Amsterdam, à l’INSAS-Bruxelles, au CNDC d’Angers, à l’École en Couleurs). Durant trois ans, elle travaille avec les enfants de l’École en Couleurs à l’élaboration de la création du Sacre en Couleurs présentée à l’occasion de Bruxelles/Brussel 2000.
Son travail chorégraphique est le point de départ de la réalisation de plusieurs films dont Love Sonnets et 21 Études à danser de Thierry De Mey, Face à Face d’Eric Pauwels. Créant son univers chorégraphique à partir de musiques fortes et des compositeurs de renom, elle a travaillé avec Thierry De Mey, Robert Wyatt, Jonathan Harvey. Depuis plusieurs années, elle développe des collaborations étroites avec d’autres artistes comme le plasticien-scénographe Simon Siegmann et le réalisateur-compositeur Thierry De Mey ainsi que Stéphane Olivier, membre du collectif Transquinquennal et Gregory Grosjean. Ils signent en collectif, le duo 12 Easy Waltzes.
En juillet 2005, elle a été nommée à la direction artistique de Charleroi/Danses, Centre chorégraphique de la Communauté française, aux cotés de Pierre Droulers, Thierry De Mey et Vincent Thirion. En juin 2006 elle a recréé pour neuf danseurs Sinfonia Eroica, une de ses pièces phares des années 1990. Depuis lors, la pièce s’est produite plus de 100 fois, partout dans le monde. En décembre 2007 elle crée le spectacle P.L.U.G, sur la mécanique de l’accouplement.
Michèle Anne De Mey travaille actuellement sur sa prochaine création qui sera présentée dans le cadre de la Biennale de Charleroi/Danses en novembre 2009. Elle travaille également sur Koma, un solo pour une danseuse qui sera donné à voir dans le cadre du festival Made in Korea. Ce solo fait partie d’une série de quatre dont les trois autres seront de Sidi Larbi Cherkaoui, Arco Renz et Thomas Hauert.
Après une formation artistique de trois ans à Mudra, école multidisciplinaire fondée à Bruxelles par Maurice Béjart, Pierre Droulers continue sa formation par un voyage en Pologne chez Grotowski. À Paris, il participe aux ateliers de Robert Wilson. Un voyage à New York lui fait découvrir le travail de la Judson Church en 1978 et le ramène à la danse après avoir vu Steve Paxton à St Mark’S Church.
Il crée un solo à Bruxelles avec Steve Lacy, saxophoniste et compositeur (Hedges, 1979). Après différents projets en tant que chorégraphe (Tao, avec Sherryl Sutton, 1980 - Tips avec le futur Grand Magasin, 1982 - Pieces for Nothing avec Minimal Compact,1983 - Miserere avec Winston Tong et Sussan Deihim, 1985 - Remains avec Steve Lacy,1991,...) ou interprète (entre autres chez Anne Teresa De Keersmaeker et Michèle Anne De Mey, de 1986 à 1989), il crée un diptyque à partir de Finnegan's Wake de James Joyce, jouant dans ses spectacles d’une pluralité de modes : joués, dansés, parlés, “ musicalisés ” (Comme si on était leurs Petits Poucets, 1991, et Jamais de l'Abîme, 1993).
La question de la forme, de la construction d’une pièce amorce l’abstraction, évacue la théâtralité qui l’encombre. Avec Michel François, il règle le compte des objets (Mountain/Fountain, 1995). Avec Ann Veronica Janssens, il va vers la lumière et l’espace vide – les plasticiens éveillent ses rêves de matière (De l’Air et du Vent, 1996).
Il alterne petites et grandes formes, ressentant la nécessité d’être plus proche de l’interprète. Petites Formes, 1997, invite quatre interprètes, Stefan Dreher, Thomas Hauert, Tijen Lawton et Celia Hope-Simpson à produire chacun une petite forme parallèlement à celle que Pierre Droulers crée pour eux. Multum in Parvo, au KunstenFESTIVALdesArts,1998, réintéroge le collectif en invitant 26 danseurs. En 2000, Pierre Droulers monte MA au Festival d’Automne avec Michel François, Ann Veronica Janssens et Yuji Oshima, une exploration de la flânerie urbaine dans l’architecture contemporaine des villes. En 2001, il reprend la scène avec Sames, un duo avec Stefan Dreher, autour de la question du double, du même et du différent.
Pierre Droulers ouvre simultanément un lieu à Marseille, le studio Bird, un lieu de résidences d’artistes et de migrations nord/sud dans le site de Cap 15, qui regroupe différents ateliers d’artistes.
En 2003, il programme une Carte Blanche à la Balsamine à Bruxelles. Ouvert sur plusieurs lieux, moments et artistes (vélos et Scrub Color II d’Ann Veronica Janssens ; Alu de Michel François, La maison de Jan Hoet de Koen Theys), cet événement d’un seul tenant propose un itinéraire, une trame entre la danse, les arts plastiques et le son, reprenant la petite forme (Parades) et la composition-improvisation de groupe (Appartement).
Il crée Inouï en 2004 qui est présentée en Belgique, France et Allemagne. En 2005, il participe au projet Agora présenté au coeur du Parc royal de Bruxelles dans le cadre du KunstenFESTIVALdesArts, qui le réunit au plasticien Simon Siegmann, au compositeur George van Dam et à l’écrivain Jean-Michel Espitallier.
En juillet 2005, il a été nommé dans le quatuor de direction artistique de Charleroi/Danses, Centre chorégraphique de la Communauté française aux côtés de Michèle Anne De Mey, Thierry De Mey et Vincent Thirion.
Après Flowers, pièce pour 8 danseurs créée dans le cadre de la Biennale de la danse 07 et du Kunstenfestivaldesarts, et All in All, création pour le Ballet de l’Opéra de Lyon, Pierre Droulers a présenté sa nouvelle pièce Walk Talk Chalk, au Kunstenfestivaldesarts 09.
Thierry De Mey, né en 1956, est compositeur et réalisateur de films. L’intuition du mouvement et du bondissement est sans doute ce qui guide l’ensemble de son travail : « refuser de concevoir le rythme comme simple combinatoire de durées à l’intérieur d’une grille temporelle, mais bien comme système générateur d’élans de chutes et de développements nouveaux » constitue le postulat préalable à son écriture musicale et filmique.
Une grande partie de sa production musicale est destinée à la danse et au cinéma. Pour les chorégraphes Anne Teresa De Keersmaeker, Wim Vandekeybus et sa sœur Michèle Anne De Mey, il fut souvent bien plus qu’un compositeur, mais aussi un précieux collaborateur dans l’invention de « stratégies formelles » − pour reprendre une expression qui lui est chère. Ses principales réalisations et compositions sont Rosas danst Rosas, Amor constante, April me, Kinok (chorégraphies A. T. De Keersmaeker) ; What the body does not remember et Les porteuses de mauvaises nouvelles, Le poids de la main (chorégraphies de W. Vandekeybus), Dantons Töd (dir. Bob Wilson), Musique de tables, Frisking pour percussions, un quatuor à cordes, Counter Phrases, etc.
Il a participé à la fondation de Maximalist ! et de l’ensemble Ictus qui a créé plusieurs de ses pièces (dir : G. E. Octors). Il a été artiste en résidence au Fresnoy en 98 et compositeur en résidence à Strasbourg au festival Musica 2001 et 2002 et figure centrale du festival Musique en scène Lyon 2004. Sa musique a été interprétée par de grands ensembles tels que le Quatuor Arditti, le Hilliard ensemble, le London Sinfonietta, l’Ensemble Modern, le musikFabrik et l’Orchestre Symphonique de Lille. Les installations de Thierry De Mey où interagissent musique, danse, vidéo et processus interactifs ont été présentées dans des manifestations telles que les biennales de Venise, de Lyon et en de nombreux musées. Son travail a été récompensé de prix nationaux et internationaux (Bessie Awards, Eve du Spectacle, Forum des compositeurs de l'Unesco, FIPA…). Il exerce également une activité pédagogique lors de stages, conférences, académies d’été et cours de composition. Depuis la fondation de P.A.R.T.S., il dirige le cursus de composition chorégraphique ; plusieurs de ses étudiants ont acquis une réputation internationale. Le film/installation Deep in the woods (2002-2004) réunit plus de 70 danseurs/chorégraphes. Pour le film Counter Phrases (2003-2004), 9 compositeurs répondent à son invitation danse/film : S. Reich, F. Romitelli, M. Lindberg, T. Hosokawa, G. Aperghis, J. Harvey, L. Francesconi, R. De Raaf et S. Van Eycken. En 2003, le processus de travail avec A. T. De Keersmaeker sur April me a fait l’objet d’un documentaire Corps accord produit par Arte. En 2004, il est invité par le British Council et la BBC pour diriger une expérience originale danse/TV : Dance film academy diffusé en mars 2005. La chaîne Arte a diffusé trois de ses films en avril 2005.
En juillet 2005, il a été nommé dans le quatuor de direction artistique de Charleroi/Danses, Centre chorégraphique de la Communauté française aux côtés de Michèle Anne De Mey, Pierre Droulers et Vincent Thirion. En 2006, il a réalisé une installation d’après le conte de Perrault, Barbe Bleue, et un film, One Flat Thing reproduced sur la chorégraphie de William Forsythe, diffusé sur Arte en octobre. En 2007, pour la Biennale de Charleroi/Danses, il crée From Inside, une installation interactive en forme de triptyque. A l’occasion de la Biennale 09 Charleroi/Danses, il crée Equi Voci, polyptique de films de danse accompagné d’un orchestre comprenant entre autres Prélude à la mer, film basé sur l’une des plus belles chorégraphies d'Anne Teresa De Keersmaeker qu’il a tourné en Mer d’Aral en octobre 2009. Il prépare actuellement un autre film de danse qui viendra compléter ce projet, La Valse, chorégraphiée par Thomas Hauert et ZOO. Enfin, sa nouvelle installation Rémanences, réalisée grâce à un procédé de captation par caméra thermique est créée en mars 2010 en Belgique et en France
Sorti du Conservatoire Royal de Bruxelles en arts de la parole, Vincent Thirion a derrière lui une expérience de communication et de programmation. De 1990 à 1996, il commence à l'Atelier Sainte-Anne aux relations extérieures. Son parcours diversifié l'a amené aussi à La Ferme du Buisson (scène nationale de Marne-la-Vallée), à la Fondation Jacques Gueux ou encore au groupe Plan K. Puis, pendant quatre ans, il se voit confier au Botanique la programmation, la coordination et l’organisation d’événements, en théâtre et en danse notamment. En 2001, il rejoint Charleroi/Danses pour la coordination de la communication. Il passe aussi par Les Rencontres Saint-Gilloises (dont il organise et coordonne les Parcours d’Artistes en 2001 et 2003) et le théâtre Les Tanneurs (en tant que directeur ad interim) avant de devenir le coordinateur et programmateur du Centre chorégraphique de la Communauté française, Charleroi/Danses, en mai 2005.